Parc naturel régional

Au printemps et au début de l'été, il arrivait autrefois que les champs de céréales se couvrent de grandes taches jaunes éclatantes. Parmi les fleurs qui accompagnaient naturellement les cultures figurait le chrysanthème des moissons (Glebionis segetum). Cette plante annuelle, autrefois très commune dans les campagnes françaises, est aujourd'hui devenue beaucoup plus rare en raison de l'évolution des pratiques.

 

Le chrysanthème des moissons mesure généralement entre 20 et 80 cm de hauteur. Sa tige, dressée et ramifiée, porte des feuilles vertes profondément découpées, et ses grandes fleurs jaune vif, de 3 à 6 cm de diamètre, ressemblent à celles des marguerites, mais leurs fleurons sont entièrement jaunes. La floraison de l'espèce s'étend de mai à août, apportant une touche lumineuse aux champs et aux friches.

 

Elle fait partie des plantes dites « messicoles », c'est-à-dire des espèces qui accompagnent traditionnellement les cultures sans leur être nuisibles. Et comme de nombreuses plantes de cette famille, le chrysanthème des moissons est étroitement lié aux cultures de céréales. Ses graines germent en même temps que celles du blé ou de l'orge, puis la plante fleurit avant la récolte. La pollinisation est assurée par de nombreux insectes, notamment les abeilles, les syrphes et les papillons, qui viennent y récolter nectar et pollen. Une fois les graines arrivées à maturité, elles tombent au sol où elles peuvent patienter plusieurs années avant de germer lorsque les conditions redeviennent favorables.

 

C'est une espèce qui apprécie les sols légers, sableux ou limoneux, pauvres en éléments nutritifs et bien exposés au soleil. On la rencontre dans les cultures extensives, les jachères, les friches agricoles ainsi que sur certains bords de chemins. 

 

Le cycle de vie du chrysanthème des moissons est entièrement annuel. Les graines germent à l'automne ou au printemps selon les conditions climatiques. Après une croissance rapide, la plante fleurit durant les beaux jours, produit de nombreuses graines puis disparaît avant l'hiver. Sa survie dépend donc entièrement du maintien d'un stock de graines dans le sol et de pratiques agricoles permettant leur germination.

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Autrefois abondant dans les campagnes, le chrysanthème des moissons a fortement régressé au cours du XXᵉ siècle. L'intensification de l'agriculture, l'utilisation généralisée des herbicides, le tri des semences et la disparition des cultures extensives ont entraîné un recul spectaculaire de cette espèce. Aujourd'hui, elle bénéficie d'une attention particulière dans plusieurs programmes de conservation visant à préserver les plantes messicoles, devenues parmi les plus menacées de la flore française.

 

Dans les Hauts-de-France, le chrysanthème des moissons est désormais une plante peu commune. Quelques populations subsistent encore dans certaines parcelles cultivées de manière extensive, sur des coteaux calcaires ou dans des secteurs où les pratiques agricoles restent favorables à la biodiversité. Sa présence témoigne souvent d'un patrimoine agricole ancien et d'une gestion respectueuse des milieux. La conservation de cette espèce passe notamment par le maintien de cultures moins intensives, la préservation des bords de champs et la réduction de l'usage des produits phytosanitaires, autant de mesures qui profitent également à de nombreuses autres espèces végétales et aux insectes pollinisateurs.

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