Le Héron cendré, grand guetteur des étangs
Souvent immobile près de points d'eau, on le croit souvent de marbre. Dressé sur ses deux pattes, immobile, il trouble le passant, se faisant passer pour une vraie statue ! Appartenant au groupe des échassiers, cet oiseau affectionne les milieux humides (cours d'eau, étangs, lacs…), de préférence de faible profondeur. Il fréquente aussi les bois à proximité des zones humides.
Il mesure presque 1 m et se distingue par sa petite huppe noire sur sa nuque, qui forme un bandeau continu jusqu'à ses yeux, et son plumage cendré, qui lui confère son nom (ailes grises et noires, corps blanchâtre et deux raies noires le long du cou jusqu'à son ventre). En vol, on le reconnaît à la forme de son cou qui forme un « S » ou un « Z » selon sa direction, tout comme l'ensemble des espèces de la famille des ardéidés (hérons, aigrettes, butors, blongios…).
Son long bec jaune lui permet de pêcher ses proies, témoignant de son régime piscivore (poissons, crustacés, mollusques, amphibiens…). Grâce à ses longues pattes qu'il plonge dans l'eau, il peut repérer son repas à travers la surface. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il se tient immobile, en attente de sa prochaine proie. En dehors de la période de reproduction (au printemps), appelée période nuptiale, il peut aussi se nourrir de rongeurs, car on le retrouve en milieu agricole, dans les prairies et les champs cultivés.
La couleur de son bec s'intensifie en période nuptiale, ce qui est un signe de fertilité. Il se reproduit en colonie, appelées héronnières, bien qu'il chasse seul. Les accouplements sont monogames, c'est-à-dire que lorsqu'un partenaire est choisi, l'oiseau se reproduira avec lui tout au long de sa vie. Cela vaut également pour le nid : le mâle choisit son nid la première année de reproduction et y retournera les années suivantes. Ceux-ci sont construits à la fin de l'hiver, dans les arbres encore nus, ou dans les roseaux, à l'aide de branches, de racines et de paille. Une fois le nid prêt, le mâle effectue une parade pour attirer la femelle, composée de cris et de toutes sortes d'agitations. La femelle pond en moyenne 4 œufs entre mars et mai, qui seront couvés par les deux parents pendant 1 mois. Les petits quitteront le nid après environ 2 mois d'élevage afin d'apprendre à chasser, puis abandonneront définitivement leur nid au bout de 3 mois.


Selon les populations, le comportement des hérons varie après la reproduction. Les populations nichant en Europe du Nord et en Europe continentale sont migratrices : elles s'envolent vers le sud pour passer l'hiver. Certains atteignent l'Afrique tropicale. Les populations sédentaires (aussi appelées hivernantes), qu'on retrouve notamment en France, restent sur leur lieu de reproduction pour passer l'hiver.
Bien que cela n'ait pas toujours été le cas, cette espèce est aujourd'hui considérée comme commune. En effet, jusqu'en 1975, elle fut la cible des chasseurs et pêcheurs, injustement accusée de prélever trop de poissons. L'état des populations était alors critique, et ne comptait plus que 3 000 couples sur toute la France. Depuis, elle est protégée à l'échelle nationale et ses populations ont connu une forte croissance jusqu'aux années 2000. Aujourd'hui, sa croissance est ralentie et stabilisée, et on estime la population française à environ 30 000 couples. Toujours inscrite à la liste rouge des espèces menacées, elle est classée par l'UICN en « préoccupation mineure ».

