réhabilitation de l’ancienne école des filles en maison d’assistants maternels
Diego Aguilera
- Territoire Energie 80 -Contexte
En plein cœur du bourg, à deux pas de l’église, la commune d’Estrées-lès-Crécy disposait d’un bâtiment communal partiellement désaffecté : l’ancienne école des filles, composée d’un logement encore occupé et d’une salle de classe abandonnée, avec sa cour, ses sanitaires et son jardin. Plusieurs pistes de reconversion avaient été envisagées, mais ce bâtiment traditionnel en rez-de-chaussée avec combles présentait déjà de sérieux atouts, entre sa toiture en ardoises récente, ses façades en brique bien conservées et une structure globalement saine. Restait un bâti marqué par le temps, avec des menuiseries fatiguées, l’absence totale d’isolation et de ventilation, et des sols et plafonds hétérogènes témoignant de ses usages passés. Sa localisation centrale, son volume et son caractère patrimonial en faisaient pourtant un candidat idéal pour un projet utile aux habitants. C’est dans ce contexte que la mairie a été sollicitée, aux alentours de 2023, par une association d’accueil de jeunes enfants souhaitant porter la création d’une maison d’assistants maternels. La commune, en quête d’une nouvelle affectation pour ce bâtiment emblématique, a alors saisi l’opportunité et engagé une réhabilitation d’ampleur pour lui offrir une seconde vie.
Objectifs
L’objectif est de redonner vie à un bâtiment communal vacant situé au cœur du village, en le transformant en un lieu d’accueil dédié à la petite enfance pour Estrées-lès-Crécy et ses communes voisines, sous la forme d’une maison d’assistants maternels, un mode d’accueil intermédiaire entre le domicile et la crèche qui répond à une demande croissante des familles. Le projet s’inscrit dans une rénovation énergétique ambitieuse, dépassant largement le simple réaménagement intérieur, afin de satisfaire les exigences réglementaires et celles des financeurs. Il vise également à mettre le bâtiment en conformité avec les normes applicables aux établissements recevant du public, tout en préservant une atmosphère chaleureuse et cohérente avec la vocation du lieu. Enfin, l’opération entend valoriser le patrimoine bâti communal en conciliant performance énergétique et respect de l’architecture existante, pour offrir un équipement moderne, accueillant et parfaitement intégré dans son environnement.
Descriptions de l'actions
Le programme fonctionnel retenu comprend un sas d’entrée, des chambres pour les enfants, un espace collectif d’activités, une cuisine, des sanitaires et un espace de rangement. Les travaux engagés portent sur l’ensemble de l’enveloppe et des équipements du bâtiment : dépose des revêtements existants, pose d’un isolant, habillage en plaques de plâtre et peinture, reprise des enduits intérieurs avec isolation et doublage ; remplacement des menuiseries existantes par des menuiseries bois à double vitrage avec reprise des appuis, listels, ebrasements et tablettes ; purge des sols existants, decaissement et terrassement, traitement de l’isolation et des remontees d’humidite par capillarite, mise en oeuvre d’une dalle avec chauffage au sol, puis chape et pose d’un revetement de sol souple avec plinthes.





Quelles ont été les difficultés, les freins du projet ?
Diego Aguilera (DA) : Le projet a été plus long à installer que prévu. Il nous a fallu plus de deux ans entre les premiers échanges avec les porteuses du projet et le lancement réel du chantier. Cette phase préparatoire a été dense, parfois lente, avec beaucoup d’allers‑retours administratifs. Et puis, un événement a vraiment bousculé le calendrier : en plein milieu des travaux, l’un des artisans a abandonné le chantier. Du jour au lendemain, tout s’est arrêté. La pose des menuiseries a été bloquée, les autres corps de métier ont dû patienter, et l’ouverture de la structure a été repoussée de neuf mois. On est passés d’une inauguration prévue en septembre 2025 à une ouverture en juin 2026.

Pourquoi ces retards ?
DA : Le financement a été un élément déterminant. Pour avancer, il fallait obtenir les subventions de six partenaires différents, chacun avec ses propres procédures, ses délais, ses exigences. Cette multiplicité a rallongé la phase administrative avant même que les travaux ne commencent. Et puis, la défaillance d’une entreprise en cours de chantier, c’est un aléa qu’on ne peut jamais totalement anticiper. Quand cela arrive, tout le planning se décale, surtout si aucune solution de remplacement n’est disponible immédiatement. C’est un effet domino : un lot en retard entraîne les autres.
Quels sont les acquis à conserver ?
TB : Ce projet a été une vraie construction collective. Dès le début, tous les acteurs ont été impliqués, ce qui a permis de livrer des locaux parfaitement adaptés aux besoins des professionnels. C’est un point essentiel. Ensuite, la commune a réussi à mobiliser un financement à 80 %, en fédérant six partenaires autour d’un même projet : c’est une performance à saluer. Et je tiens à souligner la réactivité des équipes municipales. Pendant l’aléa du chantier, elles n’ont jamais laissé le projet s’enliser. Elles ont continué à avancer sur les travaux extérieurs, le préau, le garage. Cette capacité à maintenir la dynamique a clairement évité un arrêt complet et a permis de garder le cap.
Périmètre de l'action

Partenaires de l’action
- Caisse d’Allocation Familiales (CAF) de la Somme
- MSA de Picardie
- Région Hauts-de-France
- Département de la Somme / PMI
- Communauté de Communes du Ponthieu-Marquenterre (CCPM)
- Territoire d’Énergie Somme (TE80)
Autres témoignages

réhabilitation de l’ancienne école des filles en maison d’assistants maternels

Vimobile


