Les courtils
Timothé Benard
- Parc naturel régional Baie de Somme Picardie maritime -«Les courtils revêtent aujourd’hui un enjeu important de préservation de la biodiversité, de réduction de l’effet d’îlot de chaleur dans les villages, et de protection contre les effets de l’érosion»
Contexte
Autrefois répandus dans toute la Somme, les villages-courtils se distinguent par leur implantation sur les plateaux, entourés de ceintures végétales qui encadrent habitations et terres cultivées. Dans le contexte du Vimeu, ces courtils se révèlent comme des véritables refuges de biodiversité et des zones tampons essentielles, protégeant à la fois le patrimoine rural et les cultures locales.
Les courtils revêtent aujourd’hui un enjeu important de préservation de la biodiversité, de réduction de l’effet d’îlot de chaleur dans les villages, et de protection contre les effets de l’érosion (vents, ruissellement, etc). L’essentiel met notamment en lumière l’évolution de ces espaces, de leur origine à leur rôle actuel dans la valorisation du paysage
Objectifs
L’objectif est de préserver les courtils grâce à un diagnostic précis, une sensibilisation locale auprès des différents public et leur protection par des documents réglementaires. Le Parc naturel régional doit ainsi accompagner les communes vers des pratiques conciliant la préservation de paysages identitaires et d’une biodiversité fragile et la préservation de l’attractivité du territoire pour des populations locales (habitat, services, qualité du cadre de vie…)
Descriptions de l'actions
Depuis 2021, le Parc naturel régional a engagé une démarche ambitieuse de valorisation des villages-courtils, paysages identitaires des plateaux du Ponthieu et du Vimeu. Cette action vise à fédérer les communes autour d’un patrimoine paysager commun, tout en développant des outils d’accompagnement, de sensibilisation et de connaissance. Après un premier travail mené dans le Ponthieu – création du club des villages-courtils, réalisation d’un diagnostic partagé et premières expérimentations d’aménagements – la dynamique a été étendue au Vimeu dès 2023. En 2024, le Parc naturel régional a renforcé son action avec la publication du second volume de « L’Essentiel » consacré au plateau du Vimeu. Parallèlement, le Parc naturel régional a développé un volet important d’éducation au territoire, destiné aux scolaires, aux ALSH et au grand public, visant à transmettre les savoirs autour des villages-courtils et faire prendre conscience de l’importance de ces paysages, tout en amorçant un accompagnement technique plus structuré des communes. Un programme de formation à destination des élus et des techniciens complète cette stratégie, afin de favoriser une meilleure prise en compte des villages-courtils dans les projets territoriaux.
Résultats
La démarche a d’ores et déjà des résultats concrets, visibles tant dans l’appropriation du sujet par les acteurs locaux que dans la mise en œuvre d’actions opérationnelles. La publication des deux volumes de « L’Essentiel » aura permis de diffuser largement l’intérêt de la préservation de ces paysages et leurs pistes de valorisation, notamment auprès des élus locaux. Le volet « éducation au territoire » a connu un véritable essor, avec l’intégration de la thématique dans les animations scolaires, les activités périscolaires et plusieurs sorties grand public. La « Vadrouille du Parc » organisée à Ochancourt a rassemblé 45 participants autour de la découverte des courtils et de leurs plantes comestibles, illustrant l’intérêt croissant du public pour ces paysages. Des outils pédagogiques sont en cours de création pour aborder la biodiversité, les haies et le patrimoine bâti traditionnel.
Le Parc naturel régional a également renforcé son rôle d’accompagnateur technique : des échanges approfondis avec certaines communes ont conduit à la production de notes techniques détaillant des pistes de projets et leur faisabilité. Enfin, sept sessions de formation ont été proposées aux élus et techniciens, portant sur la biodiversité, la taille des fruitiers et la gestion durable des haies, contribuant à une montée en compétence collective.




Pourquoi ?
TB : Les villages-courtils constituent une notion encore mal connue dans leurs implications paysagères, agricoles et patrimoniales, et nécessitent un temps d’appropriation. Les communes disposent aussi de moyens humains limités, avec souvent un élu référent très engagé mais de petites équipes techniques. S’ajoute un manque de compréhension mutuelle des contraintes agricoles rendant le dialogue avec les agriculteurs plus difficile et limite la construction de solutions partagées.
Quels sont les acquis à conserver ?
TB : La dynamique collective constitue un acquis majeur : élus et techniciens sont progressivement sensibilisés et les clubs offrent un cadre d’échanges et de montage de projets très utile. Les animations ont montré un réel intérêt du public et renforcent la reconnaissance des villages-courtils comme patrimoine local. La création de boucles villageoises, la réhabilitation de chemins ou les projets de vergers et d’espaces de convivialité menés par les communes démontrent le potentiel concret de la démarche pour améliorer le cadre de vie.
Quels sont les leviers d’amélioration ?
TB : Un renforcement de la communication et de la vulgarisation est nécessaire, en développant des outils de médiation adaptés à tous les publics. Les clubs pourraient davantage favoriser le partage d’expériences et le montage de projets intercommunaux. Des outils plus lisibles — techniques, financiers, liés à l’aménagement, à la mise en tourisme ou à la préservation de la biodiversité — faciliteraient l’action des communes. Enfin, un travail renforcé avec le monde agricole permettrait d’ancrer durablement la démarche dans les réalités du terrain.
Périmètre de l'action

Partenaires de l’action
- Direction régionale de l’équipement, de l’aménagement et du logement (DREAL)
- CAUE (construction des formations)
- Association Les Croqueurs de Pomme

Autres témoignages

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