Parc naturel régional

Au détour d’un marais ou d’un étang, on peut parfois observer un grand oiseau blanc avançant lentement dans l’eau. Son allure est calme, presque majestueuse. Cet oiseau, la spatule blanche (Platalea leucorodia), est facilement reconnaissable à son long bec aplati en forme de spatule, qui lui a valu son nom. Contrairement aux hérons et aux aigrettes, avec lesquels elle peut être confondue, elle vole le cou tendu.

 

Elle mesure entre 80 et 90 cm et peut atteindre une envergure de plus d’1,20 m. Son plumage est entièrement blanc. En période de reproduction, les adultes développent une huppe à l’arrière de la tête plus importante chez le mâle et une zone jaunâtre sur la poitrine. Son bec noir à bout jaune, élargi à l’extrémité, est parfaitement adapté à son mode de vie.

 

Contrairement à d’autres oiseaux pêcheurs qui repèrent leurs proies à vue, la spatule chasse au toucher. Elle avance lentement dans l’eau peu profonde en balayant son bec de gauche à droite. Dès qu’elle sent un petit animal, elle referme son bec très rapidement. Elle se nourrit principalement de petits poissons, de crustacés, de mollusques et d’insectes aquatiques.

 

On la trouve dans les zones humides comme les marais, les lagunes ou les estuaires. C’est un oiseau grégaire, qui vit et niche souvent en groupe. Les colonies peuvent rassembler plusieurs dizaines d’individus, parfois en compagnie d’autres espèces comme les hérons.

 

La reproduction débute au printemps. Le nid est construit avec des branches, souvent dans des arbres ou des roselières. La femelle pond en général 3 à 4 œufs. Les deux parents participent à la couvaison, puis nourrissent les jeunes en régurgitant la nourriture. Les petits grandissent rapidement mais restent dépendants plusieurs semaines.

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Autrefois en fort déclin à cause de la disparition des zones humides et du dérangement humain, la spatule blanche bénéficie aujourd’hui d’une protection stricte en France depuis 1981. Elle est interdite de capture, de destruction et de perturbation. Malgré cela, elle reste classée comme espèce vulnérable au niveau national.

 

Dans les Hauts-de-France, notamment sur le littoral comme la baie de Somme, la spatule blanche est surtout visible lors des migrations ou en période de nourrissage, les individus observés provenant généralement des colonies du nord de l’Europe ou de l’ouest de la France. Bien que sa présence reste encore assez rare, elle devient de plus en plus régulière ces dernières années, portée par les efforts de protection et la restauration des milieux naturels qui permettent à ses populations d’augmenter lentement. Son retour dans la région constitue ainsi un signe encourageant du rétablissement progressif de la richesse et de l’équilibre des zones humides. Néanmoins, elle demeure classée en danger à l’échelle régionale, ce qui fait de chaque observation un moment rare et précieux.

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