La Sarcelle d’hiver : petite taille, grandes aventures
La Sarcelle d’hiver (Anas crecca) est l’un des plus petits canards observables en Europe. Avec une taille d’environ 34 à 38 cm, elle est presque deux fois plus petite que son cousin, le Canard colvert, qui peut atteindre 50 à 68 cm. Discrète et vive, elle fréquente les zones humides telles que les marais, les étangs ou les prairies humides. C’est un canard de surface qui se nourrit en barbotant. Oiseau grégaire, souvent observé en groupes importants en hiver, elle est également connue pour être très rapide en vol et assez farouche. Espèce migratrice, elle quitte les régions nordiques, comme la Scandinavie, pour hiverner dans des zones au climat plus tempéré.
Le dimorphisme sexuel est comme chez de nombreuses espèces assez marquées. Le mâle se distingue par sa tête de couleur brune-rousse, parcourue d’une large bande vert émeraude allant de l’œil à la nuque. Son corps est parcouru d’une mosaïque de fines bandes grises, et ses flancs sont marqués d’une bande blanche. La femelle, quant à elle, ressemble à la femelle du Canard colvert. Elle est toutefois reconnaissable à ses rémiges secondaires (grandes plumes de vol), en grande partie vertes, ainsi qu’à son « miroir » de la même teinte.


La sarcelle d’hiver est particulièrement active à l’aube et au crépuscule, moments qu’elle privilégie pour se nourrir. Son régime alimentaire est varié : en période de reproduction, elle consomme des proies animales comme des crustacés et de petits mollusques, ainsi que des végétaux qu’elle trouve en barbotant à la surface. En revanche, durant la saison froide, elle se nourrit principalement de graines de plantes aquatiques.
Les couples de sarcelles se forment durant l’automne, lorsque les mâles arborent leur plumage nuptial. Une fois le couple formé, la femelle pond en moyenne 8 à 9 œufs. Après l’éclosion, les poussins sont autonomes et capables de se nourrir seuls, même s’ils restent sous la protection de leur mère.
Espèce marquante des milieux humides, la Sarcelle d’hiver est un bon indicateur de la qualité du milieu, recherchant le plus souvent des eaux riches en végétation pour son alimentation. Elle est également sensible aux perturbations de son environnement (pollution, drainage des marais, dérangements humains…). Sa présence est donc le témoin d’un milieu riche et équilibré.
À l’échelle régionale, la Sarcelle d’hiver est classée en danger critique d’extinction. La Picardie fait partie des principaux territoires de nidification de l’espèce, avec environ 25 couples nicheurs et en moyenne 1 200 individus hivernants observés. Une attention particulière doit donc lui être portée, notamment en ce qui concerne la conservation des milieux humides.

